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Grattes-ciel par delà un terrain de Photo: Marie-Line Audet 15 mai 2007 « Una Coors Light por favor ! » par Marie-Line Audet Ah ! Les voyages dans le sud ! Quoi de plus plaisant que d'aller se chauffer la couenne au soleil et se faire servir par un peuple défavorisé. Certains s'y plaisent tellement qu'ils décident d'y vivre une partie de l'année. Ainsi, dans les pays sud-américains, une grande partie du développement économique est basée sur le tourisme. Toutefois, cela est-il souhaitable ? Prenons ici l'exemple du Mexique. Bien que ce pays reste l'un des pays latino-américains les plus indépendants, il ne fait aucun doute que sa rentabilité économique dépend fortement du tourisme. En fait, l'économie mexicaine relève grandement du domaine tertiaire. Le secteur des services constitue 60% du PIB mexicain, et cela, sans parler des artisans qui travaillent très fort pour plaire aux touristes nord-américains venus abuser de leurs bas prix et des avantages climatiques du Mexique. Depuis, le virage économique libéral entrepris depuis les années 1980, et surtout depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA le 1er janvier 1994, les États-Unis sont les principaux partenaires économiques du Mexique. Près de 88% de la production mexicaine est exportée aux États-Unis et plus de 53% des importations du Mexique provient de ce même pays. Pendant longtemps le Mexique fut le principal partenaire économique des États-Unis et est donc toujours soumis aux variations de l'économie américaine. Toutefois, depuis quelques années, la Chine a pris la place du Mexique en offrant des produits moins dispendieux à cause des salaires très bas. Aussi, la proximité géographique et économique des deux pays amène de nombreux investisseurs immobiliers à repérer, dans les grandes villes mexicaines, des terres disponibles pour la construction de condos. Les Américains construisent, à Puerto Vallarta par exemple, des condos de luxe destinés à une population fortunée. Ainsi, on fait travailler les Mexicains, pour des salaires minimes. Bien que le Mexique soit un pays à revenu moyen, la répartition des richesses y est très inégale et la très grande majorité des salaires reste très pauvres. En somme, la grande majorité des Mexicains n'ont pas la possibilité de se payer ces condos de luxe et ce sont les touristes nord-américains qui en font l'acquisition. Ainsi, les Américains (beaucoup de Canadiens également) débarquent, non plus pour une ou deux semaines, mais bien pour la moitié de l'année. Il se crée donc, surtout dans les villes côtières, de véritables quartiers habités par les nord-américains. Voilà le problème : les « touristes » ne viennent plus au Mexique en touristes avides de connaître le pays, ses habitants et sa culture ; ils débardent seulement pour profiter du climat et ils recréent là-bas leur univers d'ici. Ainsi, comme dans le cas de Puerto Vallarta où j'ai pu constater moi-même ce phénomène, on retrouve un centre-ville cosmopolite (avec des Starbuck's Coffee, des BlockBuster, des Domino's Pizza, des McDonald etc.) entouré de véritables banlieues où l'on retrouve les Mexicains plus fortunés et ces touristes établis et, enfin, à l'extérieur de la ceinture de la ville se retrouvent les bidonvilles où s'entassent une population mexicaine pauvre. Évidemment, pour plaire aux « touristes », les constructeurs font construire des condos et des maisons de façon à ce qu'ils plaisent à ceux-ci. Ainsi, dorénavant, à travers le décor architectural typiquement mexicain viennent s'implanter des gratte-ciels en verre et de grosses baraques, le tout accompagné de gigantesques terrains de golf. Par ailleurs, non seulement les Américains se regroupent ensemble, mais en plus, ils envoient leurs enfants dans des « American School », vont se faire soigner dans des « American Hospital » et regarde leur propre bulletin de nouvelles mexicaines animé par une « blanche ». En somme, il apparaît que le tourisme au Mexique est une source de profit considérable dans les recettes du pays. Toutefois, le prix peut est cher à payer : l'invasion des « touristes établis » amène l'importation de comportements qui se moquent de la culture mexicaine, de sa population ou de ses intérêts. Ainsi, Bill Johnson, quant il se rend au marché, tente avec acharnement de « barguiner » en anglais au pauvre artisan mexicain le prix du chapeau qui est déjà dérisoire. Références : ABC Latina, « Économie-Mexique » : http://www.abc-latina.com/mexique/economie.htm (Page consultée le 10 mai 2007) Webfrancia, « L'Économie Mexicaine » : http://www.webfrancia.com/fr/investir-au-mexique/presentation-mexique/index.htm (Page consultée le 10 mai 2007) Wikipédia L'encyclopédie libre, « Économie du Mexique » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_du_Mexique (Page consultée le 10 mai 2007) |
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